Méditations sur un sommet

Publié le par Nataraja

 

shiva parvati

 

Parvati dit :

"je t'en prie, Shiva, époux paisible, indique-moi par quel chemin ceux qui viennent à toi peuvent te rejoindre, montre-moi ce passage qui permet de monter la crête du vide, enseigne-moi la voie juste de la méditation, apprends-moi à marcher sans basculer sur la corde de I'attention ".

 

Shiva sourit et dit: « Je suis ici, assis, absorbé en moi-même (1). L'axe du monde, I'axe du Mont et mon propre axe se sont confondus en une seule et même colonne de lumière qui n'a ni début ni fin, ni haut ni bas. Cette colonne est mon vrai signe » (lingam). Les lingams qu'ils installent dans les temples n'en sont que des versions tronquées, figées, refroidies. Ils prennent des galets de couleur noire dans une rivière sacrée et disent « c'est ici qu'est Shiva ». Mais mon vrai lingam n'a ni début ni fin. Un jour, j'ai demandé à Brahma et Vishnou de trouver le début et la fin de mon lingam de lumière: Vishnou est parti dans les profondeurs et il est revenu, déconfit; mais Brahma a menti en disant qu'il avait aperçu son sommet. Pour le punir, j'ai coupé une de ses cinq têtes; à cause de ce crime, ils m'ont mis hors-caste. Je suis parti mendier sur les routes, recevant les aumônes dans un crâne, jusqu'au moment où j'ai atteint Kachi, la Resplendissante, la cité que d'autres appellent Bénarès. Là-bas, j'y ai obtenu l'absolution de mes péchés et, depuis lors, j'y confère aux pécheurs qui viennent s'y repentir et s'y éteindre l'absolution des leurs, ainsi que la grâce de l'absolue dissolution; oui, en vérité, la grâce de l'absolue dissolution.


Quand tu médites, Parvati, n'oublie pas que ta colonne vertébrale est en réalité mon lingam, une colonne de flamme qui n'a ni haut ni bas (2).   Garde ton attention auprès d'elle, comme le forgeron passe sa journée auprès du foyer, comme le singe tourne autour du piquet auquel il est attaché. Mes fidèles dans le Sud du pays ont raison de représenter mon lingam comme une colonne qui perce le plafond du temple et continue à s'élever en plein ciel (3). Même si ton corps est détendu et que tu reposes en toi comme la tulipe fermée sur elle-même, que ta colonne soit aussi droite et bien érigée que le pistil au cœur de la fleur. Il n'a encore été touché par aucun regard, ni effleuré par aucun souffle. Même si ton corps dors, fais en sorte que ton cœur veille. Oui, en vérité, que ton cœur veille.


Regarde l'aigle, là-bas, qui plane et tourne en cercles larges: Regarde-le bien, Parvati. Maintenant, il est tout proche. Il peut être un de tes maîtres de méditation. Quand il descend trop, il change très légèrement l'orientation de ses ailes et se laisse porter par le courant d'air ascendant. Quand il est trop haut, de nouveau un très léger changement d'aile, et voilà qu'il redescend. Si ton corps se voûte en avant pendant ta pratique, même imperceptiblement, ton esprit prendra rapidement une teinte de dépression ou de désir; s'il se redresse de trop, même imperceptiblement, comme un serpent qu'on irrite, l'esprit prendra la teinte de la colère. Observe, Parvati, la balance de ton corps et ce fléau parfait qu'est ta colonne. Ainsi, tu parviendras à la méditation juste; oui, en vérité, à la méditation juste.

 

 

(1) - (En écrivant ce passage à propos de la méditation, je ne me place ni comme gourou, ni comme enseignant d'une technique traditionnelle. Il s'agit plutôt là d'un rassemblement, d'un "pot-pourri" pourait-on dire, d'images et de comparaisons utiles à propos de l'art de méditer; je les ai glanées au grés de mes conversations et de mes lectures depuis quatre ou cinq ans que je vis en Inde. Il s'qgit aussi du clin d'oeil de quelqu'un qui pratique la méditation sur les bords du Gange à ceux, non sans mérite, qui la pratique dans les trépidations de la vie occidentale.)

 

(2) - (Le Yogui se concentre, plutôt que sur la colonne vertébrale, sur la sushuma, le canal central qu'on ressent un peu en avant de la colonne elle-même. Les Tibétains la visualisent d'abord droite et souple comme un bambou de couleur bleutée à l'extérieur, avec un fin canal rouge à l'intérieur; ensuite, ils réduisent sa taille à celle d'un fil de toile d'araignée blanc brillant qui serait suspendu au sommet du crâne. C'est un des nombreux « moyens habiles » pour aider le méditant à améliorer la conscience qu'il a de son corps et de son esprit.)

 

(3) -  (On peut voir de tels lingam géants par exemple à Kanchipuram (Tamil-Nadou).

 


 

Dr Jacques Vigne

Médecin psychiatre qui a préféré quitter une profession lucrative pour aller vivre en Inde

et étudier les rapports subtils entre le corps, l'esprit et l'âme.

 


Publié dans Yoga_Pensées

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Parmentier 15/11/2011 19:37



Ca prouve que les mathématiques ne servent pas à grand chose ;)



Nataraja 27/11/2011 18:17



...



fermaton.over-blog.com (Clovis Simard,phD) 20/06/2011 19:30



Bonjour,


 


Vous êtes cordialement invité à visiter mon blog.


 


Description : Mon Blog(fermaton.over-blog.com), présente le développement mathématique de la conscience humaine.


 


La Page No-25, THÉORÈME DE L'ÂME


 


LES MATHÉMATIQUES DE L'INSTANT PRÉSENT.


 


Cordialement


 


Clovis Simard



Nataraja 20/06/2011 20:38



Et dire que les premiers yogi n'y connaissaient rien en mathématiques ...


je visite "MonBlog Fermaton"