La Kumbh Mela - avril 2010

Publié le par Nataraja


Samudr manthan

Littéralement la fête, mela de la cruche, kumbha - est un pèlerinage hindou, se produisant quatre fois tous les douze ans.

L'observance de la Kumbhamela est basée sur le mythe hindou du barattage de la mer de lait.
Dans les temps très anciens, les deva et les asura, les dieux et les démons, firent une alliance provisoire de façon à travailler ensemble à l'élaboration de l'amrita, le nectar de l'immortalité, à partir de la Ksheera Sagara, la mer primordiale de lait, et à partager ensuite cet amrita.
Cependant, quand la Kumbha, la cruche, contenant l'amrita apparut, les démons s'en emparèrent et s'enfuirent au loin pourchassés par les dieux.
Durant douze jours et douze nuits divines, l'équivalent de douze années humaines, les dieux et les démons combattirent dans le ciel pour la possession de la cruche d'amrita.
Pendant la bataille, des gouttes d'amrita tombèrent en quatre endroits: Prayâg, Hardwâr, Ujjain et Nasîk, raison pour laquelle ces villes sont sacrées et le lieu de la célébration de la Kumbhamelâ.

En souvenir de cet évènement a lieu ici tous les douze ans la Kumbh Mela, le plus grand rassemblement religieux sur terre.
Les estimations considèrent que lors de la dernière Mahâ Kumbhamelâ en 2001, 70 millions de personnes se sont succédé sur les rives du Gange en trois semaines.

Les villes qui accueillent les Kumbhamela sont le théâtre, au début de la manifestation, de parades cérémonielles qui marquent l'arrivée officielle des saints hommes, montés sur une grande variété de modes de transport, éléphants, chevaux, chameaux, voitures, palanquins, et chariots, parfois tirés par des hommes faisant preuve de dévotion.
Généralement les sâdhu Naga Baba, les guerriers de Shiva, sont les premiers à défiler sous une pluie de pétales, puis chaque secte tente de dépasser les autres par la splendeur de son cortège.

L'événement le plus important de la Kumbhamela est l'immersion dans le fleuve au moment où ses eaux se transforment en amrita. Les Hindous pensent que s'immerger complètement dans les eaux à ce moment-là les nettoiera, ainsi que leurs ascendants sur 88 générations, de tous leurs péchés. Les dates les plus propices, déterminées par des calculs astrologiques, sont les jours dits de shahi shan.

800px-Sadu Kathmandu Pashupatinath 2006 Luca Galuzzi

Ces jours-là, les Akhara - ou grands rassemblements de sâdhu - conduisent un cortège royal - shahi - qui atteint son apogée avec l'immersion dans le Gange (snan). Les Naga Baba sont les premiers à s'immerger, ce qu'ils font nus et par deux, parés parfois seulement d'une mâlâ. Lorsqu'ils ont terminé leurs ablutions, les sâdhu recouvrent leur corps de cendre. Après que les différentes sectes de sâdhu se soient baignés, avec parfois quelques échauffourées pour des raisons de préséance, les pèlerins ordinaires, qui ont attendu patiemment jusque là, peuvent accéder à l'eau.

Hormis l'immersion dans le fleuve, le pèlerinage à la Kumbhamela permet aux croyants hindous de recevoir la bénédiction des sâdhu, saints et et autre yogis et de faire le darshan, la contemplation rituelle qui transmet l'énergie spirituelle. Les dévots parcourent ainsi les camps de toiles où logent les sâdhu, recevant des bénédictions et faisant en retour des offrandes.

kumbhnagasbathingweapons

La Kumbhamela est évidemment une période particulièrement propice pour des cérémonies religieuses, l'une d'entre elles étant l'initiation de milliers de sâdhu novices qui entament ainsi leur vie d'ascètes. De même, c'est l'occasion pour des sâdhus confirmés de recevoir une promotion dans leur ordre ou de faire le vœu de suivre une nouvelle ascèse.

kumbhnagababasbathe
photos extraites de www.eurasie.net








Publié dans en Inde ...

Commenter cet article

Saint-songe 25/01/2010 14:36


"Om namah shivaya"..., comme dit votre "confrère"...


Nataraja 04/02/2010 21:58


OM


Saint-songe 18/01/2010 22:42


Vous avez raison sur "la grandeur de la beauté sauvage des pyrénées", j'y pense souvent. Géologiquement, la Bretagne est née de son sol, puisqu'avec le déplacement tectonique des plaques, elle s'en
détacha en s'élevant, creusant ainsi l'anse de Biarritz, et, tel un coude qui se bloque, a pris durant l'Histoire l'attitude pointue qu'elle a désormais, voyez, j'y pense souvent, et , ces
montagnes bellissimes que j'ai connues de Pau à Bagnères de bigorre, en passant par Tarbes, me manquent, parfois... Savourez donc ainsi votre chance, comme de vous baigner mentalement dans ce
"gange" indien que vous cherchez, bonne fin de soirée...yogique.


Nataraja 25/01/2010 13:57


Mes Pyrénées sont orientales, non loin de mon Espagne adorée ...
Bien à toi


Saint-songe 20/12/2009 14:11


Euh...., mais ils sont... nus ?.. Le premier a un air de Neptune, avec sa fourche !.. Impressionnant , en tout cas , l'avez-vous pratiqué (ah peut-être que les femmes ne peuvent pas, au fait de
cette nudité ?).. Voici mon "barattage, l'immersion au fleuve" de mes manques affectifs, dans l'ordre d'un travail intérieur sur....27 ans :
sauna, massages tantriques, yoga, pschothérapie et psychanalyse (10 ans), désintoxication massive, musicothèrapie et relaxation, sophrologie (peu), bouddhisme zen et zazen sur un an plein, reiki
dont les quatre séances d'ouverture, réflexologie plantaire ( 2 ans), marche méditative, pélerinages à Lourdes et quatre/cinq retraites d'une semaine en abbaye bénédictine et dominicaine, écritures
diverses (87 ouvrages à ce jour dont 4 seulement de publiés), voyez que mon "travail" n'est pas celui d'un novice, comme vous avez pu le croire dans une de vos réponses, et tout cela pour me
retrouver  à l'abandon de moi-même, si je puis dire, comme vous savez ma situation de divorcé éloigné, maintenant...
C'est à tout ce travail sur soi que votre article m'a fait songé tout à coup, puisqu'il s'agit d'un bain de purification, n'est-il pas, sinon du corps, du moins de l'esprit et de l'âme...
Bon dimanche... dans les eaux de votre "gange" pyrénéen !!!


Nataraja 18/01/2010 21:35


Mon "gange" est indien, il ne peut que l'être, je ne l'ai toujours pas trouvé ailleurs. Rien n'égale ses eaux sacrées telle quelles sont interprétées.
Par contre, rien n'égale la grandeur sauvage de ces pyrénées que je cotoie chaque jour et qui peuvent elles aussi demeurer sacrées par la force et la pureté qu'elles prodiguent ainsi, tout
simplement...