Kâpalabâthi - la lumière dans le crâne

Publié le par Nataraja

" respirez très rapidement et légèrement comme le soufflet d'un forgeron. Cet exercice est appelé kapâla bhâti. On dit qu'il guérit les déficiences de la lymphe" (Hatha yoga pradîpikâ. II,35)


Ce souffle purifie âjnâ cakra, le yogin expérimente l'expansion de la zone du crâne. Le corps devient léger, tendu vers le haut, il semble disparaître. Au bout de quelques dizaines de minutes les sens se rétractent, produisant une profonde intériorisation mentale. Durant les suspensions du souffle le flot des pensées est aboli. C'est donc une technique majeure pour introduire l'état non-mental tant recherché.

Il s'agit d'une respiration bruyante par le nez dans laquelle on expire de façon sèche et forte par les narines, comme si l'on voulait chasser l'air depuis les sinus.

Les yeux doivent être en Shambavi Mudrà et les sourcils relevés.

Toute l'attention est mise vers le haut pour donner un sens ascendant à la posture assise.
Le ventre ne participe que très peu au mouvement du souffle, au contraire il faut légèrement le rentrer.
De plus il faut exercer une forte contraction de l'anus vers le haut Mulà Bandha comme pour relier la base à la fontanelle.

Dans ce souffle on ne s'occupe que de l'expiration, l'inspiration devant se faire par simple contre coup, et ce uniquement grâce à un relâchement constant de l'intérieur.
Le secret de ce souffle est de s'y exercer de très nombreuses fois afin de trouver le bon rythme et la bonne séquence de l'air qui est expulsé et qui réentre alors spontantément sans effort.


Il faut prononcer mentalement à chaque expir, le Bija OM comme si l'on voulait le projeter avec le souffle vers le point de fixation oculaire tout en faut, le plus à l'aplomb possible du crâne [âjnâ cakra]

Ce point doit être ressenti normalement au niveau de la fontanelle, et les yeux essayer de le regarder en haut comme par le dedans.

La posture du lotus est spécialement indiquée pour ce souffle, et même si l'on pratique une autre posture assise, il faut prendre Jnana Mudrà, avec les paumes des mains tournées vers le haut.

Pratiquer au moins 3 minutes, puis revenir les yeux fermés en Maddya Drishtti pour laisser aller le souffle faire ce qu'il veut, observer quelques instants dans l'immobilité, puis recommencer par trois fois cet enchaînement.

Avec l'habitude il faut ralonger les séquences de souffle pour aller jusqu'à 3 fois 10 minutes.

 

Version à gauche et à droite :


Dans cette version on enchaîne séries à gauche, repos en observation les mains sur les genous, et séries à droite en bouchant traditionnellement de la main droite, la narine gauche puis droite. Dans la série à gauche, il faut fixer un point en haut à gauche, en appliquant les même gestes que précédemment, il faut énoncer le Bijà Ksha, à chaque expiration. Dans la série à droite, il faut fixer un point en haut à droite, en appliquant les même gestes que précédemment, et il faut énoncer le Bijà Ha, à chaque expiration.

L'enchaînement classique :

Trois fois : 1 série à gauche suivi d'une observation du souffle dans le repos les mains sur les genoux, les yeux fermés en Maddya Drishti

Trois fois : 1 série à droite suivi d'une observation du souffle dans le repos les mains sur les genoux les yeux fermés en Maddya Drishti

Trois fois : 1 série au centre suivi d'une observation les mains sur les genoux comme dans le souffle précédent en Maddya Drishti

 

Version hypo et hyper ventilée :


Dans cette version, on reprend les séquences précédentes de la respiration à gauche, à droite et au centre, mais de plus dans chaque séquence de souffle, on ajoute un changement de rythme dans la pratique du souffle.

Il faut alterner le souffle classique hyper ventilé, à savoir une expiration brusque et forte et un souffle hypo ventiilé quasi subtil, presque inaudible, sans rien changer aux concentrations ni à la rapidité du souffle.
C'est seulement l'échange de l'air qui dans ce rythme est réduit au minimum. Il faut pousser les séquences hypo ventilées, de telle sorte que l'on puisse ressentir la mutation de l'énergie du souffle, qui s'intériorise et va concerner, si la pratique est bien exécutée, l'ensemble du corps énergétique.

Ce n'est éventuellement lorsque le manque d'air devient intolérable, que l'on repasse dans un rytme hyper ventilé, sinon on peut rester le plus longtemps possible dans cette séquence.


Cet ajout de changement de rythme a non seulement pour effet d'accentuer l'augmentation des concentrations, et le ressenti de l'énergie mais permet surtout de ralonger encore plus le temps de chaque série à gauche comme à droite. Il est à noter enfin, qu'il faut toujours finir une série sur un souffle hyper ventilé.


Trois fois : 1 série à gauche avec 3 changements de rythme consécutifs, suivi d'une observation du souffle dans le repos les mains sur les genoux, les yeux fermés en Maddya Drishti.

Trois fois, 1 série à droite avec 3 changements de rythme consécutifs suivi d'une observation du souffle dans le repos les mains sur les genoux les yeux fermés en Maddya Drishti.

Trois fois, 1 série au centre avec 3 changments de rythme consécutifs suivi d'une observation les mains sur les genoux comme dans le souffle précédent.


Cette pratique donne donc 3 séries x 3 changements de rythme = 9 séquences de souffle de 3 minutes minimum chacun = 30 minutes environ sans compter les observations, ce qui peut mener à 40 minutes environ pour cette seule pratique.



une conclusion :

Le yogi ne voit pas le temps passer, et il s'aperçoit qu'il n'a pas de trop de 10 à 12 heures dans la journée, pour effectuer convenablement toute sa pratique personnelle.

Publié dans PRÂNÂYÂMÂ

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